Hesitation

There is confidence and strength
To be gained
From putting myself out there
Saying
The I care
That might never get an echo

From finding ground
In the uncertain feelings
That have no name
No sound
Barely a face.

But for the time being
I find space
In my silence.
And I am staling for a little while longer
Before I leap and fly, or crash on my face.

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Un gros coeur essoufflé

J’étais dans les Alpes ce weekend, avec 14 autres filles triathlètes, dans ces paysages que j’affectionne tant depuis l’enfance et que je sillonne depuis plus de 40 ans.

Les sommets étaient enneigés, les arbres et l’herbe gorgés de vert, et le bleu du lac répondait à celui du ciel. Comme toujours quand je suis à la montagne, mon coeur devient immense et ses battements tendres et précieux.

La montagne fait écho à ma solitude, mon être si petit, si humble et fragile dans cette immensité majestueuse. Mais c’est aussi là haut entre terre et ciel, que mon petit territoire devient insignifiant, et que je fais pleinement l’expérience de l’espace infini dont je suis faite et que je partage avec toute une humanité.

Sur nos vélos, on a parcouru ce paysage. J’avais le souffle parfois court, les jambes brûlant dans l’effort, mais toujours la montagne en arrière plan, m’invitait à sentir que derrière les tensions du corps, les contractions de l’esprit, il y a la vastitude du monde dans laquelle tout se dissout.

J’ai vécu, comme souvent dans mes efforts sportifs, ce va et vient incessant entre la sensation étriquée de mon petit moi (« c’est dur », « est-ce que je vais y arriver? »), et la confiance qui vient du partage et de l’ouverture à l’autre. Seule sur mon vélo, mais toutes ensemble dans l’effort; la fierté des filles en haut des cols, c’était aussi la mienne, leur fatigue, leur découragement parfois, je les ressentais en moi; et on était comme un gros coeur essoufflé qui bat à l’unisson.

Ce weekend était délicieux –comme les tartes de la pâtisserie de Tallard — parce qu’il était partagé, parce que c’était un « nous » plutôt qu’un « je »,  parce qu’on s’est soutenues et aidées, parce qu’on s’est appréciées simplement pour qui on est.

 

Daniel

Aujourd’hui un homme s’est effondré devant moi dans la rue. Il s’appelait Daniel et quand les pompiers sont arrivés il ne savait pas leur dire quand il était né.

Il est tombé dans la largeur du trottoir, son gros casque Phillips a roulé dans la chute et est venu s’arrêter devant mes pieds. Il a cherché à parler, aucun son n’est sorti, et il s’est mis à pleurer.

Un étudiant a moi était là au même instant, un des étranges hasards de la vie, de se retrouver dans cette situation inattendue, bouleversante et si profondément humaine. Il a appelé les pompiers et je me suis accroupie sur le trottoir contre ce corps quasiment inerte sauf pour ses sanglots.

Je lui ai parlé, doucement, presque comme à un enfant, lui ai dit de ne pas bouger, de respirer, que j’étais là, que je restais avec lui jusqu’à l’arrivée des secours. Petit à petit il a retrouvé son souffle et il m’a dit son nom. Non,  il n’avait personne à contacter, il venait de Montperrin. A Aix, venir de Montperrin, tout le monde sait ce que ça veut dire. Ca veut dire habiter à l’hôpital psychiatrique, et vivre cette vie marginale, entre malade et bien portant, tantôt reclus derrière les hauts murs rouges et verts, tantôt demi errant dans les rues de la ville.

Alors, pour que la vie de Daniel et ses sanglots ne restent pas seulement un incident de trottoir, trop vite oublié, je lui écris ces quelques lignes à lui, et  à toutes ces existences si terriblement seules et si souvent méprisées.

Mémoire

Enfant, j’avais déjà cette conscience aigüe du temps qui s’écoule et emporte avec lui tranches de vie et de vue. Alors j’ouvrais grand les yeux pour m’imprégner à tout jamais d’un paysage ou d’un moment et le figer à tout jamais, me jurant de ne jamais l’oublier.

Des décennies plus tard, ces images effleurent parfois la surface de mon esprit.

Je me souviens de la cime d’un pin aperçue quelque part en Suisse et de mes poings serrés à l’arrière de la voiture familiale. Une odeur de gitane flottait.

Je me souviens des reflets horizontaux que faisait le soleil sur le lac Pontchartrain, un soir d’été en Louisiane. La peinture écaillée de la balustrade me griffait le bras et le vent me frôlait voluptueusement les jambes. J’étais pleine de désir et d’espoir.

Je me souviens d’une route plate et pâle qui défilait par la lucarne arrière d’une voiture quelque part sur les bords du Mississippi. Il était tard, le ciel était rose ou orange, il m’invitait à tout réinventer.

Quelques années plus tard, j’ai épousé l’homme qui conduisait cette voiture, comme pour que cette route se déroule infiniment. Il s’appelait Dane et il incarnait l’horizon de cet instant aperçu.

Depuis j’ai vieilli, j’ai changé de continent, divorcé et beaucoup oublié. Je n’ai plus peur du temps qui passe, ni des moments qui s’épuisent et des sentiments qui passent, mais ces images chargées de possible et de jeunesse flottent toujours quelque part dans l’espace ouvert et infini de mon esprit.

Quai de Jemmapes

J’ai eu le coeur brisé. A tout jamais.

C’était un matin, tôt, sur le quai de Jemmapes. J’ai eu l’intuition pénétrante et inébranlable du caractère précieux de la vie, de ma vie. Que tout se jouait là, maintenant, entre ces deux rives su Canal Saint Martin.

Depuis, quand je m’assois le soir, et expire dans qui je suis, là, maintenant, me reviennent à l’esprit le blanc de l’air, les lignes brunes émergeant à peine de la brume matinale, et ce sentiment de quelque chose d’irrévocable, de fragile et unique.

Juste sous les fenêtres de cet appartement du quai de Jemmapes, où des années plus tôt, j’avais tant nié, espéré et aimé, l’esprit endormi dans une confusion adolescente.

 

Sitting

I was sitting tonight
Meditating that is.

My gaze was low
My outbreath dissolving thoughts.
There was discipline and precision
And I secretly congratulated myself.

And then I placed my hand on my heart
Out of habit surely.

But with that simple gesture,
Fear, something close to panic even,
A sense of struggle, confusion,
Conflicting emotions
Washed over the innocent posturing
Of the good meditator.

I felt how fragile I was
How small and groundless
How wide and chaotic
Was the world lying under my wrinkled hand.

It felt so profoundly humane
To let it all be
And to let go of me.

 

Teaching

I am not sure
What it means
To be you
Or me
Or anyone.

I see so many faces
Turned towards me
The teacher
Who knows
And really doubts
And hesitates
With the careful steps
Of the beginner
All over again
Every single time.

I know
But only what’s its like
To be human
To be lost for words
To be scared
To hear the echo of my own voice
Hollow
And to not know
Not know anything
At all.

The uncertainty of it all
Laughs in the background
Of the classroom
Always.

Sometimes I am them and you
Enough
To laugh along with it.

Today
I barely smile
The tired smile
Of the one who tried
Too hard
To be.

Contemplation

Nouvel an tibétain,
Je contemple ma mort
Et c’est ma vie qui bat.
 Mon corps est posé dans le bleu du ciel,
J’ai le coeur juste sous les yeux.
Leurs visagent se dessinent
Un crâne lisse, si familier,
Et les traits apaisés d’un sourire endormi.

 

 

 

 

I feel

Something latent
Something potent
Longing to manifest.

A faceless anticipation
Not lust or desire.

I feel it
Right below my heart
When I breathe.

It aches
A little.

It makes me run faster
And swim longer,
Look for lonely places
Where I can sit with it.

Some raw energy
That could be love
Or simply life.

a BIG no

Why has it taken so long

To see that a no

A BIG no

Was dignity and space?

Slamming my fist down on the table

Just like that.

I let the black ink show through the paper

Sharp, strong lines

Cutting though all the posturing, the guilt and dutiful enslavement.

Yes, now I know, a BIG no frees the mind.