Did Not Finish

Alors voilà j’ai couru 50km des 90km du Raid du Morbihan. J’ai fait du mieux que je pouvais et ai arrêté avant de m’entamer la santé.

Je suis même assez fière de ce DNF (did not finish) – mon premier. Il y a quelques années, j’aurai sûrement déclaré avec force un “je n’abandonne jamais” et aurai certainement fini même dans un état d’épuisement total. Ceux qui me connaissent bien savent à quels extrêmes ma détermination peut me mener.

Seulement, maintenant, je suis un peu plus vieille et un tout petit peu plus sage. Je veux avant tout être une athlète saine et en forme. Je veux pouvoir profiter des sommets alpins cet été, je veux courir par amour et non par injonction égotique.

Je les ai pourtant bien vues mes tendances égotiques. Je me suis sentie plusieurs fois glisser vers une compétitivité agressive (“elle rêve si elle pense me doubler celle là”), mais ai réussi à en rire et à écarter ainsi l’inévitable état d’insatisfaction qui en découle.

Les premiers 20km étaient déjà très durs, la chaleur extrême et inhabituelle pour la Bretagne. Plus de 40 degrés entre 15h et 20h. Malgré toutes les précautions, j’ai eu droit à l’insolation, la déshydration, les nausées, les crampes et toute la panoplie. J’ai couru avec tout ça souvent dans un inconfort extrême. Beaucoup ont abandonné dès les ravito du 34eme (plus 40% au total). J’ai décidé d’aller jusqu’au 50eme. Mon allure était bien en dessous de mes longues sorties d’entraînement et la fatigue musculaire décuplée par les carences en fer.

Et malgré tout ça, j’ai adoré les paysages, j’ai eu des conversations hyper agréables avec des tas de gens supers, je n’ai aucune courbatures et j’ai eu tout de suite envie de revenir l’année prochaine.

Je suis étonnée de n’avoir aucun regret et suis pleine de nouveaux projets. Je vais commencer par récupérer un peu de fer et d’énergie, puis vais partir faire du fast packing dans les Alpes, dormir sous ma nouvelle tente extra-super-light au bord des lacs d’altitude, et emmener mon fiston faire son 1er 3000.

J’aspire à courir pour l’aventure et non pour me prouver quoi que ce soit. Mon état physique du moment, les conditions climatiques ont été, non pas un obstacle, mais une opportunité de reformuler cette aspiration. C’est une belle leçon ce DNF, pas un échec. Coach Megan m’a dit: je suis plus fière de ton DNF que si tu avais continué. Moi aussi.

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