Pourquoi je suis « aspiring vegan »

Il n’y a pas si longtemps que ça, je n’imaginais pas les dégâts causés par l’agriculture animale, ou j’en avais une idée assez vague. J’associais ces discours à des extrémistes du veganisme ou à une tendance New Agy adoptée par les bobos californiens; je trouvais ça rigolo et inoffensif mais me sentais relativement distante.

Puis, mon attitude a changé, mes perspectives se sont ouvertes et ma compréhension des enjeux environnementaux affinée. Car c’est bien de ça dont il s’agit, j’aspire à être vegan avant tout par préoccupation environnementale et parce qu’il me semble incohérent d’aimer la nature, le monde et l’humanité tout en contribuant activement à leur destruction. Je ne peux pas à la fois pratiquer le bouddhisme, souhaiter à tous les êtres sensibles  la cessation de la souffrance tout en participant, par mon comportement de consommatrice, à la pollution des océans, la déforestation massive et sauvage, à la disparition de milliers d’espèces animales, à l’augmentation de la pauvreté dans des pays qui n’ont déjà rien, à la mauvaise santé globale de notre humanité et à la pollution atmosphérique. Et je ne peux pas décemment élever mon fils en faisant semblant que je ne suis pas au courant, en prétendant que bouffer un burger n’a aucune conséquence et en ignorant l’interdépendance de tout.

Je ne veux pas convaincre sur ma simple parole mais implorer, chacun d’entre nous, de simplement s’informer, considérer si en son âme et conscience on peut vraiment faire passer la satisfaction de nos papilles gustatives avant le bien être de tous.

Quelques chiffres, qui m’ont fait vraiment réfléchir, et qui sont tirés d’un rapport des Nations Unies et de divers ouvrages et documentaires, dont l’excellent Cowspiracy.

  • L’agriculture animale est responsable de 51% des émissions de gaz à effet de serre; les transports, tous combinés, seulement 13%. En étant végétalien, vous réduisez de 50% votre empreinte carbone.
  • L’agriculture animale est responsable de 91% de la destruction de la forêt amazonienne.
  • Un seul burger nécessite 3000 litres d’eau, c’est à dire deux mois de douches.
  • Bouffer un burger c’est comme faire 1600km en voiture.
  • L’industrie des laitages et la viande consomme 1/3 des réserves d’eau douce de la planète.
  • L’agriculture animale est la première cause de disparition des espèces, de destruction de l’habitat et de pollution des eaux de notre planète.
  • Le bétail couvre 45% de la surface de notre globe, cause majeure de la désertification.
  • 14 % des décès dans le monde pourraient être évités si la population ne consommait pas de produits animaux.

En bref, pour nourrir le bétail, il faut des céréales qui demandent de la terre, ce qui pousse à la déforestation et à l’extinction d’espèces, ce qui occupe des sols dans des pays dont les habitants ne peuvent ni manger ce qui est produit (puisque c’est destiné au bétail) ni voir les bénéfices financiers (puisque tout est contrôlé par des multinationales); les déchets produits par les animaux s’écoulent jusqu’aux rivières et océans et polluent également considérablement l’atmosphère, etc… Vous voyez la chaine de cause à effet.

Il y a, me semble-t-il, énormément d’idées fausses à propos de l’alimentation humaine et du besoin de protéines animales; beaucoup de ces idées sont perpétuées par l’industrie agro alimentaire qui a bien sûr tout à perdre. Ma propre expérience m’a appris qu’on peut tout à fait se passer de produits animaux dans l’alimentation et être en parfaite santé. Je fais du sport d’endurance, de très longue endurance même, m’entraine jusqu’à 20 heures par semaine sans apport animal.  Je ne suis pas la seule, les exemples sont très nombreux dans le milieu sportif. On ne sait aussi souvent pas que les « chasseurs cueilleurs » étaient surtout cueilleurs, qu’ils ne trouvaient pas la viande comme nous au supermarché et qu’elle constituait donc une toute petite partie de leur alimentation. On pense aussi souvent que cuisiner Vegan est compliqué; je ne sais toujours pas faire la cuisine à ce jour, je mange très simplement, des choses très variées, même en hiver, en consommant de préférence localement et bio. Mon fils se plaint un peu parfois, mais globalement, il a compris que chacun de nos actes a des conséquences et que être humain c’est aussi avoir une responsabilité envers le monde. Et il est lui aussi en bonne santé.

Je ne suis pas une intégriste du vegan, je fais des exceptions, quand je suis invitée par exemple, par respect pour mes hôtes, au restaurant parfois aussi; mais mon fils et moi avons pris ensemble la décision que les produits animaux ne rentreraient pas dans la maison, et que quand on en consomme, et bien on ne pense pas que ça va de soi, on pense aux conséquences de cet acte sur les autres, de façon à ce  que ne ça soit pas un geste banalisé et irréfléchi.

Pour finir, au delà même des répercussions environnementales et humaines, je trouve qu’il y a quelque chose de barbare à manger des êtres sensibles, des êtres qui sont capables comme nous de ressentir la douleur. Marguerite Yourcenar disait: « je ne vois pas comment je pourrais digérer l’agonie ». Moi non plus.

 

 

 

Publicités