11 novembre

Je me demande si le 11 novembre est toujours férié. Peu de gens doivent encore savoir de quoi il s’agit alors que cette date était tellement pleine d’espérance, de soulagement, de peur et de souffrance pour nos arrières grands parents.

Mon arrière grand mère avait épousée le frère de son fiancé, celui ci n’était pas revenu de la guerre et l’alliance entre les deux familles devait être maintenue. Je me souviens peu d’elle, une petite femme au chignon sévère qui regardait la télévision. Elle avait eu des domestiques toute sa vie. Enfant, je jouais avec la sonnette en céramique qui, si on la pressait du bout du pied sous la table de salle à manger, retentissait dans la cuisine. Le jardin de la grande maison bourgeoise était plein de groseilles et de mûres, et il n’y avait déjà plus aucune trace, à la fin des années 70, des sentiers minutieusement taillés par George le jardinier.

C’est dans cette grande maison que j’ai rencontré la mort pour la première fois aussi. Je me souviens d’y avoir erré, après le décès de mon arrière grand mère, partagée entre une tristesse inconnue et l’excitation de pouvoir explorer les recoins de la vieille demeure. J’avais trouvé des hauts de forme, et un énorme caleçon ayant appartenu à un arrière grand père que je n’ai jamais connu.

Le 11 novembre, trois générations plus tard, est le pale souvenir de cette autre époque. D’ une maison qui sentait la naphtaline, de piles de linge soigneusement rangé dans les lourdes armoires, et brodé de l’élégant B, blason d’une famille autrefois opulente et maintenant oubliée.

Sunday

I don’t know if
It is numbness or confusion
That I feel.

Things are distant, pale and yet
Noisy and dense.

I am fine, not content.
Enthusiasm tires me.

Life flows and I’m not sure
If I am the river
Or the hesitant autumn leaf
Suspended between water and sky.