Ouragan, tranche de vie et oubli.

Cette nuit un ouragan va s’abattre sur la côte Est des Etats-Unis. Il s’appelle Sandy, comme ma meilleure amie.

J’ai cherché des images sur internet, à l’affut de traces, de témoignages, de quelque chose qui évoque ces lieux où j’ai vécu il y a longtemps. Une tranche de ma vie, de moins en moins précise, rendue ce soir présente dans sa fragilité. J’ai peur que l’eau et le vent n’effacent encore plus ce qui est déjà si délavé par les années.

Je me souviens de maisons en bois, comme posées sur les dunes de Cape Cod et de Long Island, leurs fragiles structures exposées au vent et au sable. Elles étaient grises comme le ciel et la mer, pleine d’espace et de solitude comme dans les toiles de Hopper.

J’aimais un homme qui construisait ces grandes maisons de bois de la côte; il parlait du bois comme de quelque chose de vivant qu’il fallait caresser et aimer. On allait sur des chantiers, et moi, je voyais des lignes sèches perdues dans le vent, là où il voyait de gracieuses courbes s’offrant aux éléments. Ces maisons me paraissaient être comme tout en Amérique: temporaires, provisoires, posées pour un moment sur le paysage. Ou de passage, comme moi.

Je ne sais pas ce qu’est devenu André, il s’est effacé lui aussi. Ce soir, je regarde les images de ces maisons, qui dans son regard de nord américain avaient la tendre permanence du « home »; et j’ai peur que ma mémoire ne puisse bientôt plus se réfugier dans le réconfort illusoire que quelque part de l’autre côté de l’océan existe encore des traces de cette vie passée.

Why I love you

Some people drive me crazy.
They drive me crazy because I can’t control or predict anything they’ll do or say. I think for a moment that I know where they are going or what they might be feeling but then I realize I don’t have a clue. They navigate outside of my familiar waters. They force me out of the fictitious safety of my own territory and leave me hanging in the groundlessness of a completely unexpected reality.
It does drive me crazy. Because I can’t say: see, I knew it. Because honestly with these people, I don’t know anything anymore.
I like that kind of crazy, it makes everything fresh and vivid, full and interesting. And that is surely why the people that drive me crazy are also the people I love the most.

In love

Today I’m in love with life. For no specific reason. I might be the thin autumn air, the blue Southern sky, the easeful way my body moves. A basic confidence and trust that somehow it’s all ok.   I feel the very bearable lightness of my being and it makes smile.