Transmission

Underneath concepts and words

The pull of likes and dislikes

The dullness of indifference

Lies my humanity.

 

Underneath my hand

I feel the delicate fullness,

The tender intelligence

Of my human heart.

 

And the ripples of my being
Penetrate and nourish
Our precious earth.

Written at Dechen Choling, August 22, 2012.

Practice

Hand on my heart
Generating confidence
Cradling my fear
Of the groundlessness of all.

 

It is not far
The trust that I know is there
I can almost taste it
In the loosening fabric of my anxiety.

 

Written in Ceillac, August 15, 2012.

Touchée

Il y a des êtres qui me touchent. Vraiment. Et ils me laissent sans recours, sans stratégie, le cœur nu et exposé.

Ces êtres, qui assument totalement et simplement leurs hésitations, leurs peurs, leurs incertitudes, tout comme leurs joies et leur confiance. Qui sont entièrement, inconditionnellement humains. Qui accueillent et accommodent toute la gamme des émotions humaines sans les manipuler ni tricher. Qui osent aimer, rire et pleurer aussi. Pleinement, sans pudeur, sans excuse, artifice ou complaisance.

Je les écoute, les vois, les aime et j’ai le cœur brisé par la beauté si fragile, si précieuse de notre propre humanité.

This precious life

This is my feeling tonight:

Life is short. Our human experience will be over before we know it.

Tonight I know without a doubt that there is some urgency to let ourselves be fully human, to let ourselves be touched by beauty and terror, to really see, to truly listen and completely feel.

Before our mind starts choosing, picking and selecting what we like or dislike in our experience, there is the raw experience itself, unedited, direct and fresh. This is life. And if we can train to relax into its uncertainty and unpredictability, then we’ll be fully experiencing its unique preciousness.

Bill

Right now her name is Bill
But my Buddhist mind knows
That she holds this name
Only in my subjective perception.

Her Billness has no independent existence,
It is just a temporary shengpa
Trying to find its karmic denouement.

Expanding into Mahayana?

Until this uncomfortable summer
I have had a smooth ride,
My ego shredding its robes,
My feet losing their ground,
And all the while space opening up.

I have even had
Quite fleetingly
A real taste of compassion,
When I felt so clearly
The suffering of another
As if it were my own.

And then, unexpectedly,
My expanding sense of Shunyata
Got filled with
Clinging and desire, doubt and aversion.
My poverty mind kicked in
Crying me, me, me.

I understand now that
The objects of my craving and anger
Might be the Boddhisattva’s best friends,
Revealing my karmic blind spots
And opening onto a path of relationships.

If I can be brave enough
To see and seize the chance,
To gently rebel against myself
By enlisting the help of others.

pourquoi j’aime nager

Ce matin j’ai nagé. Longtemps. Au début je sentais mes gestes lourds, un peu gauches, mes mouvements devançant mon souffle, un peu trop rapides. Puis, mon corps et mon esprit se sont écoutés, apaisés, et le mouvement s’est fait plus habile, l’esprit plus attentif.

Dans la pensée bouddhiste, le coeur et l’esprit c’est la même chose. Etre pleinement dans son expérience du moment, c’est comme respirer avec le coeur, c’est comme toucher à vif, sans le filtre de l’interprétation et des habitudes, un espace cru et clair capable de tout inviter, de tout accommoder.

Quand je nage, je me sens plus spacieuse, plus réceptive, plus à nue, c’est un peu comme si mon corps se déployait dans la continuation de cet esprit qui est aussi mon coeur.

J’aime le son de mes expirations qui se matérialisent dans une ronde de bulles me caressant le visage,  la ligne noire au fond de l’eau que mon regard traverse, le battement régulier de mes jambes, le geste ample de mes mains qui vont chercher loin devant la densité de l’eau, les aperçus furtifs des alentours à chaque inspiration puis le retour à l’eau et son silence enveloppant.

Il y a quelque chose de très primordial ou même de fondamentalement humain dans le fait de nager, quelque chose qui noie mon petit moi étriqué et ses pauvres petites peines et me révèle un espace vierge et infini. Une présence tellement forte aux éléments, à l’eau, que je suis tout simplement présente, là, sans garde fou, flottant à la surface d’une piscine devenue tout un monde. Un monde sans fond, et pourtant dense d’une potentialité insoupçonnée, la mienne.