Voyage

J’ai traversé une grande partie de la France ces deux derniers jours.

J’ai vu des panneaux indiquant des villes qui ont à un moment été familières. Bourges, Orléans, Tours, Chenonceau. Toute une région où je ne suis pas allée depuis bien longtemps mais où j’ai passé une partie de ma vie.

Étrangement, cela m’a laissée assez indifférente. Quelques souvenirs éparses, usés et fades, aucun d’ailleurs n’évoquant de moments heureux.

Un peu de lassitude aussi de chercher à y trouver une certaine nostalgie. Non, vraiment pas grand chose sauf une vague impression que traverser les espaces si rapidement qu’ils en perdent leur humanité. Réduits à des panneaux d’autoroute, aux quelques locaux échappés des villages alentours qui travaillent aux stations services et deviennent le visage anonyme de toute une région.

Et ce soir au terme du voyage, je me suis assise devant l’océan sous le ciel Breton. Le bloc de granit chaud sous mes jambes nues, les aspérités de la roche rugueuses sous la paume de mes mains. Le vent froid, la mer brute, le ciel doux et rude à la fois. Et là, face à au spectacle cru et violent du monde, j’ai cessé de traverser, de parcourir et de voyager, mon cœur s’est déposé dans le vert des vagues, mon esprit a pris la mesure de son infime petitesse. J’ai gouté pleinement à la simplicité déconcertante d’être le passager temporaire du flux et reflux du monde.

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